
Rafaela Kennedy est une artiste visuelle et photographe d’origine brésilienne, née en 1994 à Manaus (État d’Amazonas, Brésil).
Elle se définit comme travesti et revendique aussi des racines indigènes et afro-descendantes.
Son travail explore les identités de genre, la mémoire, l’ancestralité, le corps, et questionne les normes sociales de beauté et de visibilité.
Sa démarche artistique
Elle utilise la photographie, la mode, la performance — et parfois le collectif — pour donner une visibilité aux corps marginalisés, en particulier aux corps travestis, trans, noirs et indigènes.
Elle fait partie du collectif TRANSmoras : un espace de création et d’empowerment pour personnes trans/travesties — visant à la représentation, la dignité, et la mémoire visuelle des communautés invisibilisées.
Son approche est politique — elle considère la “corporeité travesti” non comme un stigmate mais comme une identité à valoriser, réapproprier et représenter.
Réalisations et reconnaissance
Elle a participé à plusieurs expositions collectives, tant au Brésil qu’à l’international. Par exemple, en 2023, elle était présente à l’exposition “REBOJO” à Londres.
En 2022, elle a remporté le “Women Artist Residency Award” à la foire d’art/design Zona Maco à Mexico, ce qui l’a amenée à une résidence artistique au sein de Casa Wabi. Elle est la première travesti à intégrer ce programme de résidence.
Elle mène des projets qui mêlent mémoire, identité, communauté — souvent avec un regard sur la spiritualité afro-brésilienne, les racines indigènes et les expériences trans.
Ce qu’elle représente
Rafaela Kennedy incarne une contre-voix à la représentation dominante – à travers son art, elle valorise des corps et des identités souvent marginalisés ou invisibilisés.
Elle participe à la construction d’une mémoire visuelle des communautés trans, noires et indigènes, contribuant à leur visibilité, dignité et valorisation.
Son travail est à la croisée de nombreuses luttes : genre, racisme, colonialité, mémoire, art engagé. Elle montre que la photographie n’est pas qu’un art esthétique, mais un outil de résistance, de revendication et de transformation sociale.



